Passer de l’étranger au familier

Développer de la bienveillance aussi… envers soi !
En nous familiarisant avec nos comportements, nos imperfections, nos petites manies comme avec nos grands élans, en les regardant avec humour et bienveillance, la pratique de la méditation nous aide à développer une véritable amitié pour nous-même.

Il est important de comprendre qu’éprouver amour et compassion envers soi-même ne veut pas dire que vous renforciez votre ego ou votre orgueil. Cela signifie que vous traitez chaque être, y compris vous-même, de manière semblable et juste. Avec équanimité ! Dalaï-Lama

Être bon avec soi-même nous aide à devenir bon avec les autres. Si nous pouvions enregistrer la myriade d’insultes que nous nous adressons au quotidien, cela nous serait probablement insupportable de les réécouter ! « Mais quelle andouille ! Quelle idiote ! Ah cette maladresse, c’est toi tout craché ! Tu ne peux pas t’empêcher de te planter ! C’était couru d’avance ! Tu l’as bien cherché… » Plus nous avançons sur le chemin de la bienveillance, plus cette manière de faire nous semble grossière, cruelle et parfaitement inutile. En effet, comment traiter les autres avec bonté quand nous sommes si dur avec nous-même ?
Apprendre à nous « parler » avec gentillesse, à avoir de la bonté pour nous-même, de la sollicitude, de l’indulgence pour ce que nous considérons comme nos erreurs ou nos travers peut réellement nous aider à améliorer notre relation aux autres.
Dans son livre Compassion, Karen Armstrong relate l’histoire du Rabbin Albert Friedlander qui a grandi dans l’Allemagne nazie. Profondément abasourdi par la virulente propagande antisémite qui l’assaillait, il décida une nuit, alors qu’il allait avoir 8 ans, de rester « délibérément éveillé et [de dresser] une liste de toutes ses qualités. Il se dit avec fermeté qu’il n’était pas ce que les nazis racontaient ; qu’il avait des dons particuliers de cœur et d’esprit ». Lui et sa famille réussirent à fuir en 1939 alors qu’il avait 11 ans. Des années plus tard, une fois devenu un adulte exemplaire de bienveillance, « il affirmait toujours qu’il n’aurait rien pu faire pour de bon s’il n’avait pas appris, en cette période terrible de l’Histoire, à s’aimer lui-même ».

Cet article est un extrait de La méditation de la bienveillance, paru le 11 septembre aux Editions Leduc.

Partager

Ajouter un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *