Une jeune femme se prend la tête à deux mains.

Apaiser au lieu de combattre : un nouveau paradigme.

Nous sommes tous et toutes inévitablement assaillies de conflits intérieurs sur lesquels nous nous polarisons. Le problème n’est probablement pas d’avoir peur, d’être angoissé·e ou en colère. Le problème est quand ce malaise commence à prendre toute la place dans notre vie, dans notre cœur et dans notre corps.

Soulagement ou remède ?

J’ai souvent été jalouse. J’ai eu peur de mourir deux fois, lors d’un accident et après un diagnostic. J’ai connu la terreur de faire faillite pendant des mois. J’ai été addict au travail pendant des années. Les méditations de pleine présence et d’autocompassion m’ont aidée bien sûr. Elles ont même été, pour moi, la base de mon chemin méditatif. Ces sessions de méditation faisaient taire mes peurs et mes craintes pendant un moment. Mais celles-ci revenaient, toujours aussi menaçantes. Méditer était un soulagement, pas un remède.

Car ces inquiétudes colonisaient mon esprit et mon quotidien. Elles squattaient mon espace vital. Elles captaient toute mon attention, elles pompaient mon énergie. Je pourrais dire qu’elles prenaient possession de moi… à la manière d’un démon.

Mais comment agir face à un démon ? Fuir en espérant courir plus vite que lui ? Se cacher en espérant ne pas être débusquée ? Le rejeter sachant que cela risque de le rendre plus féroce encore ?

A moins qu’il soit nécessaire de trouver une autre stratégie. De changer de paradigme en développant un autre rapport, plus intelligent, et plus doux aussi, à nos démons. Il s’agit de créer une relation non-violente et moins apeurée avec nos obstacles.

Cesser de combattre pour écouter

C’est l’enjeu de la méditation guidée Nourrir ses démons que j’ai découvert il y a six ans : se poser dans la présence, identifier avec quel obstacle on souhaite travailler. Telle une exploratrice, un explorateur, on cherche ensuite dans quel endroit du corps cet obstacle est enfermé. Puis nous lui donnons une forme et nous le personnifions. Nous pouvons alors entamer un dialogue avec lui. Écouter ses réponses afin de pouvoir le satisfaire et l’apaiser jusqu’à ce qu’il s’évanouisse ou se transforme en allié. Cette méditation nous apprend à transmuter l’énergie du démon en énergie alliée. Et cette énergie alliée est une source réparatrice et fortifiante.

Dès qu’elle est nourrie, la colère meurt ;
C’est la faim qui la rend intense.

Emily Dickinson – Mine Enemy is growing old

Démon ou Daimon ?

Cette méditation nous aide également, et c’est un point très important à mes yeux, à passer du statut de victime de nos angoisses, résignées à l’impuissance, à celle d’actrice, d’acteur de notre existence. Car elle est un véritable outil imaginatif et créatif qui nous permet de découvrir de nouvelles ressources, bonnes et efficaces.

Si l’on interroge un peu plus le terme démon on découvre qu’il vient du Grec daemon ou daimôn qui signifie « génie protecteur ». « Le daimôn grec était une créature divine, un guide fiable et digne de confiance. Cette vision ancienne du daimôn a évolué peu à peu à cause de l’attaque chrétienne menée contre les croyances païennes, tant et si bien qu’au Moyen Âge déjà on blâmait les démons pour toutes les catastrophes […] on les craignait comme l’incarnation du mal. Nous verrons que, en rencontrant et en nourrissant un démon avec amour et compassion, celui-ci peut se transformer en daimôn. C’est ainsi que vos démons deviennent vos allié·es. »[1] 

Si vous voulez en savoir plus vous pouvez regarder mon entretien avec Tsültrim Allione, enseignante américaine qui a forgé cette pratique à partir de la tradition tibétaine. Vous pouvez aussi m’écrire pour me poser vos questions sur la méditation, j’y réponds systématiquement.


J’organise deux week-ends de méditation en mai et juillet prochain. Il reste de la place pour celui de juillet. Laissez-moi un commentaire si vous souhaitez recevoir les informations. Je serai heureuse d’y répondre.


[1] Nourrir ses démons, Tsültrim Allione, 2008, J’ai Lu

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