Sortir de sa zone de confort

Il y a une expression qui me fait mal au cœur à chaque fois que je l’entends. C’est cette invitation à « sortir de sa zone de confort ». Je la trouve horriblement culpabilisante. Comme si se sentir à l’aise signifiait qu’il faut tirer la sonnette d’alarme ! Et ce afin de ne surtout pas risquer de nous endormir sur nos lauriers…

L’injonction culpabilisante

Mais sérieusement, quand on est une femme active, éventuellement mère, compagne, amie, ménagère (et oui la ménagère n’a pas disparue, elle est juste masquée par notre profil de femme active)… Quand nous menons de front plusieurs vies avec la charge mentale et la fatigue physique qui vont avec, est-ce que vraiment le plus grand risque que nous courrons est de rester dans « notre zone de confort » ? Cette injonction – une de plus – nous fait nous sentir mal, coupables. Pourtant, si parfois nous nous sentons à l’aise dans notre job, est-ce une faute ? Si nous nous détendons grâce à nos habitudes ou à nos rituels, est-ce une faute ? Si nous trouvons un certain confort dans les situations familières, est-ce une faute ?

Certainement pas ! Et au contraire, profitons-en. En oubliant cette petite voix sournoise qui nous intime de nous bouger, de changer, de nous activer, d’en faire plus ou de faire différemment. Oublions cette injonction qui a pour but de nous maintenir sur un gril douloureux.

Un cadeau de notre culture de la performance

Car sortir de sa zone de confort cause de l’anxiété et entraine une réaction de stress. Dans son ouvrage « From Comfort Zone to Performance Management : Understanding Development and Performance » le théoricien de la gestion Alasdair White avance en 2009 l’hypothèse que la performance peut être améliorée grâce à une certaine quantité de stress. À partir de là, le management s’est dit que ce serait plutôt une bonne idée de nous inciter à quitter l’aisance pour aller vers l’anxiété. Et toute la société d’emboîter le pas au management puisque aujourd’hui cette expression est employée dans tous les aspects de la vie professionnelle, affective, privée…

Porter secours

Si l’on regarde l’étymologie du mot confort, on apprend qu’il vient de l’Anglais comfort (bien-être matériel ou physique) qui vient lui-même de l’ancien Français confort qui signifie secours, aide. Offrir du confort serait donc apporter du secours. Profiter de sa zone de confort serait s’accorder de l’aide… On trouve également une autre signification historique dans le Littré : l’association de com et fort serait « ce qui nous rend fort ».

Par opposition, la sommation à quitter notre zone de confort nous affaiblit…

Le monde n’est pas une zone de confort

Le monde n’est pas confortable. La vie n’est pas confortable. Alors trouver des espaces de silence et de réconfort est vital à notre épanouissement. Créer des espaces de sécurité nous aide à nous déployer. Trouver une certaine aisance ne peut que nous aider à devenir la femme ou l’homme que nous avons à être. C’est une magnifique manière de prendre soin de notre évolution. Ces espaces de sécurité je les trouve dans la méditation par exemple. Ou dans une promenade au bord de la Seine. En faisant la cuisine. En écoutant un morceau de musique, sans rien faire d’autre.

Cultiver vos espaces, travaillez votre confort, prenez soin de vous.

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