Se poser sur cette terre

Nous arrêter quelques instants, cesser l’agitation, cesser de sauter d’une activité à l’autre, d’une urgence à l’autre. Cesser de courir pour attraper un métro ou un rendez-vous. Cesser, pour un instant, de téléphoner, de ranger son bureau, de préparer à manger, de faire le ménage, d’aller au supermarché…   Cesser de sauter de branche en branche comme un petit singe. Cesser la course, la compétition, l’activité fébrile, la lutte. Cesser de regarder la télé, de conduire en pilotage automatique, de dormir dans le RER…

Quand le faisons-nous ?

Plus rien à faire

La méditation nous propose un cadre où il n’y a plus rien à faire, où l’on a le droit de se poser. Grâce une posture simple mais précise, une attention douce au souffle et une reconnaissance de l’instant présent, la méditation nous apprend une nouvelle immobilité, vierge de toutes nos habitudes, en rupture avec un rythme quotidien devenu un peu fou.

Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser à première vue, cette manière de nous poser est très vivante.

L’heureuse surprise lorsqu’on commence à pratiquer c’est qu’en réalité on ne s’assied pas pour calmer le jeu ou pour ne plus bouger. On se pose pour découvrir la vie, pour déployer notre existence corporelle.

Je le répète, on ne s’assied pas pour calmer le jeu. Il pourrait y avoir cette vision un peu naïve : tout est trop speed alors on médite pour s’arrêter quelques instants, pour contrebalancer. C’est un bon point de départ en effet. Mais la méditation est tellement plus profonde que ça !

Écouter la profondeur de la vie

Certes on arrête l’agitation frébrile et automatique, mais c’est pour mieux écouter la profondeur de la vie en nous, sa subtilité, ses milles et unes résonances que le grésillement de l’agitation nous empêche d’entendre habituellement.

On croit qu’il faut des sensations fortes pour sentir quelque chose de puissant, qu’il faut de grandes circonstances pour accéder à de grands événements.

Mais c’est peut-être par l’attention aux petites choses que l’on entre dans les grands moments de notre vie.

C’est pour cela que ce n’est pas de tout repos de méditer, que ce n’est pas de la relaxation !

C’est une rencontre franche et ouverte avec notre vie. C’est un rendez-vous avec notre corps, tel qu’il est comme il est, avec ses fatigues, ses excitations, ses douleurs… Notre être tel qu’il est comme il est, avec son état d’esprit du moment, son étroitesse ou sa grandeur qui varient selon les moments, son soulagement ou ses craintes…

Tout est d’emblée vivant

Nous nous posons, nous ouvrons grand notre attention à ce qui est, en nous et autour de nous.

Nous portons attention au poids et à la densité de notre corps, à la fidélité de notre souffle, à l’agilité de notre esprit. Nous partons dans nos pensées et nous revenons aux sensations corporelles :  l’air sur la peau, le contact des vêtements, la lumière, les couleurs, les sons qui viennent à nous avec toujours plus de finesse, de précision.

Tout cela vient à nous sans effort de volonté, sans que nous le décidions. Car tout est d’emblée très vivant.

Et la méditation nous apprend à – enfin – respecter cette vie si pleine et toujours disponible.

 

Prenez bien soin de vous et de ceux qui vous entourent.

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This Post Has 6 Comments

    • Marie-Laurence Cattoire Répondre

      Il ne s’agit pas de rester concentré mais plutôt d’ouvrir son attention à ce qui vient naturellement. Joyeux Noël

  1. duchesne Répondre

    Joyeux Noël à vous et merci pour ces bons conseils

    « que le jardinier de ton coeur fleurisse ton âme »

    • Marie-Laurence Cattoire Répondre

      Merci beaucoup Monique. Nous pouvons tous être le jardinier de notre propre cœur.

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