Méditation : soigner le corps et l’esprit

Cela s’est passé Salle Pleyel, devant un public de 1800 personnes, pratiquants, thérapeutes, amoureux de la méditation ou tout simplement curieux.

Le 19 mai dernier l’École occidentale de méditation et le magazine Sens & Santé ont co-organisé une grande journée pour explorer les liens entre méditation et santé.

J’ai été particulièrement frappée par la qualité de présence pendant les exercices de méditation qui ont été proposés tout au long de la journée. Christophe André, Nicole Bordeleau ou  Fabrice Midal nous ont en effet invités à partager des méditations guidées de Pleine présence et de Bienveillance.

Des témoignages poignants

Une grande émotion était également au rendez-vous avec des témoignages de vie poignants comme celui de la québécoise Nicole Bordeleau qui a démontré que la méditation pouvait sauver des maladies les plus graves et redonner à chacune, chacun sa dignité d’être humain. Ce sont à ce moment-là 1800 cœurs qui se sont ouvert avec tendresse et courage.

Pour ma part je devais conclure la journée en montrant en quoi la méditation, loin d’être une technique ou un outil de plus à ajouter à notre arsenal du bien-être, était un chemin.

Voici un extrait de mon intervention :

Au-delà des trucs et astuces pour méditer au quotidien, et qui sont c’est vrai utiles au départ, ce qui fait réellement question aujourd’hui c’est comment avancer dans sa pratique ? Comment rester fidèle à la méditation? Comment faire que la méditation devienne un chemin de vie pour vous ?

Et en effet quand j’enseigne la méditation, le principal problème que rencontrent les gens n’est plus de savoir comment faire mais plutôt comment continuer ? Comment ne pas se lasser ? Comment ne pas abandonner ?

Comment aller plus loin ?

Car si elle est simple, la méditation n’est pas facile.

Parce qu’elle nous met en rapport à nos problèmes, à nos souffrances et souvent aussi à l’ennui, la méditation est difficile.
Au début, nous sommes plein d’allant, très ouverts, attentifs à la découverte. Puis notre enthousiasme s’émousse, l’affairement quotidien reprend le dessus et il se peut que nous n’ayons plus du tout envie de nous asseoir…
Cela arrive à tous, sans exception aucune ! Et cela fait partie de la pratique de la méditation sur le long cours : il y a des périodes où cela ne pose aucun problème d’aller pratiquer et d’autres où cela nous demande un effort extrême.
Pour tenir solidement et surmonter ces obstacles il est donc important de comprendre en profondeur la méditation et de ne jamais la réduire à un outil de bien être.
Nous ne le répéterons jamais assez, la méditation n’est pas une technique, elle n’est pas un outil de plus à ajouter à notre arsenal, la méditation n’est pas un produit de consommation… Elle est un chemin de vie.
Pourquoi ? Parce qu’elle elle nous amène à porter un regard tout à fait différent sur les événements et sur le monde ; en méditant, nous devenons des explorateurs du quotidien, nous découvrons et apprenons à faire confiance aux ressources qui existent en chacun de nous, mais que nous avions oubliées ou ignorées.

La méditation nous apprend que tout peut être travaillé, que les obstacles – loin d’être des accidents de la vie à éviter ou à enterrer – peuvent concrètement nous aider à avancer, que la maladie, la vieillesse et la mort ne sont pas des échecs, mais le propre de la vie humaine…

C’est un chemin révolutionnaire en ce sens que la méditation opère une révolution complète de notre vision des choses.

Tout est regardé sous un autre angle : travailler, être malade, aimer…
Cela bouleverse l’idée habituelle que nous nous faisons d’une vie heureuse, cette idée un peu folle qui voudrait que tout soit parfait, que tous les aléas devraient être éliminés avant d’atteindre le bonheur.

La méditation nous fait retrouver une joie de vivre bien plus profonde et qui accueille tout, les défauts comme les qualités, la confusion comme les éclairs de sagesse, les écueils comme les moments où tout s’ouvre avec grâce.

Trois pratiques pour faire chemin

La Pleine présence (mindfulness)

Pratiquer la Pleine présence, c’est prendre le temps de se poser, pour saluer le présent, pour dire bonjour à la vie qui est là, juste devant nous. C’est peu à peu découvrir le contraste entre les moments où nous sommes pleinement présent, à l’écoute de la situation, de l’atmosphère, et les moments où nous sommes partis ailleurs, embarqué dans une pensée, une émotion, un souci, un rêve…
On réalise qu’être pleinement présent c’est rencontrer un espace ouvert, frais, très vivant. Et que lorsqu’on est moins présent cela devient plus flou, moins précis, moins tangible. Cette ouverture pleine de fraîcheur, où nous sommes libéré pour un instant des idées et concepts que nous avons sur tout, elle peut être d’une telle clarté, d’une telle simplicité, d’une telle nouveauté qu’elle en est touchante.  Comme si l’on découvrait un endroit où l’on n’a plus besoin de se prendre la tête, de juger, de concevoir, d’élaborer.

Cet endroit est entièrement bon.
Il est fugace, insaisissable mais bon, accueillant, spacieux.
On voit là déjà que la méditation ne peut vraiment pas être réduite à une technique ou à une mécanique.

Mais faisons un pas de plus.

La Confiance

La Confiance est une pratique qui nous permet de travailler de manière très concrète avec les peurs, les doutes, avec tout ce qui nous donne le sentiment de n’être pas à la hauteur…

Confiance en quoi, en nous ?
Ce serait trop aléatoire, c’est tellement facile de se dire qu’on n’est pas à la hauteur, de se dénigrer, de se rabaisser… Nous sommes très forts pour ça, des experts en la matière !
Non, il s’agit d’une confiance plus profonde, plus solide, une confiance en la bonté du présent, en la vie qui est juste là offerte.
Nous allons apprendre à faire confiance en la vie qui est toujours là pour peu qu’on veuille bien la regarder, nous allons apprendre à avoir confiance dans le moment présent, c’est-à-dire confiance … dans la méditation.
Dans la posture. Dans le simple.

Puis vient la pratique de l’Amour  bienveillant (lovingkindness)

L’Amour bienveillant, par des méditations guidées spécifiques, offre un chemin pour apprivoiser cette ouverture du cœur qui s’opère quand nous sommes accordés au présent, au moment, aux situations.

La pratique de la bienveillance nous familiarise avec cette tendresse toute simple mais très forte qui se découvre dans la méditation. Elle nous offre comme un petit chemin vers notre cœur.
Au lieu de craindre notre vulnérabilité ou celle des autres, nous les prenons comme tremplin. Nous retrouvons une manière de laisser parler notre capacité naturelle à aimer, à développer de la bienveillance, de la compassion et de la joie.
On pourrait dire en conclusion que :

La Pleine présence nous permet de reconnaître la bonté.

La Confiance nous invite à la célébrer.

L’Amour bienveillant nous apprend à la laisser résonner.

table ronde finale de la journée Méditation 2017 à la Sale Pleyel : tous le sintervenants sont sur scène

Lors de la table ronde finale, Elisabeth Marshall, rédactrice en chef de Sens & Santé, nous a demandé de témoigner de ce que la méditation avait changé à notre vie. De gauche à droite Marc Gally, Marie-Laurence Cattoire, Frédéric Lenoir, Nicole Bordeleau, Fabrice Midal, Elisabeth Marshall, Christophe André, Evelyne Lonsdorfer, Jean-Gérard Bloch. Photos © Claire Cocano

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