Ne rien faire et devenir bienveillant ?

Il y a quelques mois j’étais invitée à donner une conférence au célèbre Yoga Festival de Paris, organisé par Renaud Cellier, rédacteur en chef de Santé Yoga et le Journal du yoga.

L’idée était de montrer en quoi ne rien faire, s’asseoir en silence quelques dizaines de minutes sans bouger, pouvait nous aider à développer un rapport plus doux et plus tolérant envers nous-même, envers les autres, envers le monde.

Quel peut en effet être le lien entre cette méditation assise (mindfulness), de plus en plus répandue, et une profonde bienveillance à laquelle nous aspirons tous ?

Voici un extrait de l’enseignement que j’ai donné après une session de méditation :

Il y existence une dimension de bienveillance dans la Pleine présence

Tout d’abord, le simple fait de sortir de nos activités pour nous accorder un moment est déjà un acte de bienveillance envers soi.  Être juste assis, se poser, sans avoir de comptes à rendre, c’est se donner la possibilité de goûter à la vie qui est en nous. Ce sentiment d’être tout simplement vivant est souvent oublié et recouvert par les nombreuses complications de l’existence.

Se sentir tout bonnement en vie, respirer, est un cadeau très simple mais immense que nous pouvons nous offrir.

Dans la pratique de la Pleine présence, nous sommes attentif à ce qui se présente et nous nous entraînons à accueillir la réalité telle qu’elle est. Nous apprenons à être complètement là, dans la présence de ce qui est, sans rien faire de spécial. Cette attitude d’ouverture, de laisser être, c’est déjà de la bienveillance.

Quand nous touchons cette  plénitude d’être (qui est toute simple et vient de la détente de la pratique), nous avons le sentiment de ne plus être séparé ou fragmenté. Nous entrons en harmonie avec le monde, nous avons le sentiment d’être enfin arrivé à la maison. D’avoir « notre place sur cette terre »*.

Ce sentiment de non-séparation que l’on touche par moments dans la pratique, c’est la caractéristique principale de l’amour, dans son sens le plus large.

L’espace même de la méditation est bienveillant.

Nous sommes assis, posé dans notre corps, dans notre posture, et c’est comme un berceau qui nous accueille, qui accueille tout ce que nous traversons.

« Aimer est un très long travail », écrit Rainer Maria Rilke dans ses Lettres à un jeune poète. Au bout de quelques temps, méditer peut sembler un peu mécanique ou fabriqué. Mais en réalité une pratique régulière permet réellement d’entrer en contact avec son cœur, avec le plus tendre de notre être, ce qui est une merveilleuse manière d’être en rapport au présent et à la vérité d’une situation.

Voir les êtres et le monde qui nous entourent à partir de cette ouverture du cœur nous rend moins agressifs, moins réactionnels.
Peu à peu, nous nous familiariserons avec cette sensation d’amour bienveillant et, par habituation, elle imprègne notre être et notre quotidien pour (re)devenir tout à fait naturelle.

 

*l’expression est de Chögyam Trungpa.

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