Méditer pour entendre le chant des oiseaux

Samedi matin de septembre. Je suis en train de méditer. Un rayon de soleil entre dans la pièce suivi d’un chant d’oiseau, alerte. Aigu, vif et très rapide. Un nuage passe. Le chant s’arrête mais un autre démarre plus grave, plus loin. Le temps s’assombrit. Une minute de silence. Une pluie soudaine et très fine humidifie l’instant. Le vent s’installe et les chants d’oiseaux disparaissent.

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L’absence des oiseaux

La soudaine absence des oiseaux est si palpable qu’on dirait qu’ils n’ont jamais existé. Seul le croassement d’une corneille se fait entendre par intermittence, ajoutant une touche lugubre au silence. Ma présence corporelle a changé elle aussi. Mon souffle est légèrement en retrait, plus difficile à percevoir, comme au ralenti. J’ai l’impression que tout mon être attend. De longues, très longues minutes s’écoulent.

Après la pluie… vient toujours le beau temps

Une trouée dans le ciel laisse passer un rai de lumière, une coulée de miel et aussitôt les oiseaux chantent, autrement, joyeusement, comme s’ils n’étaient jamais partis. Le chant des oiseaux est pareil au cycle de l’existence. Jaillissement, impétuosité, éloignement, mort, renouveau…

Je me rappelle avec un certain effroi qu’avant de rencontrer la méditation, je n’entendais plus le chant des oiseaux.

Et j’ai enterré l’oiseau joyeux,
Derrière le puits rond, sous le vieil aulne.

écrit la poétesse Anna Akhmatova*

Les oiseaux s’étaient retirés de mon monde. Je les avais enterrés pensant peut-être qu’ils n’étaient pas nécessaires à ma survie…

À présent, rien ne me ravit davantage. L’innocent pépiement du rouge-gorge, la mélodie saccadée du rossignol et, par-dessus tout, le chant du merle moqueur ! Je peux tout arrêter : parler, m’activer, penser… pour le plaisir d’écouter l’oiseau qui chante. Je me tourne vers lui, sans bouger, mais avec le plus de précision possible. Je laisse sa musique résonner à l’intérieur de moi et je sens alors une expansion de joie qui m’emplit tout entière, indicible.

Le chant des oiseaux me rend heureuse. Tout comme les cloches de l’église qui sonnent dix heures, la fin de ma session de méditation.

*1914 in Requiem et autres poèmes Poésie/Gallimard

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This Post Has 2 Comments

  1. Anne Dumonteil Répondre

    Génial cet article en audio !! Très belle idée, c’est très agréable.
    Bises chaleureuses,

    Anne

    • Marie-Laurence Cattoire Répondre

      Merci, cela faisait longtemps que je pensais à enregistrer certains articles. C’est une autre manière de découvrir le blog et je vais proposer un audio par semaine pendant le temps du confinement. À bientôt Anne.

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