La magie du temps inutile

Ce qui m’a tellement étonnée quand j’ai découvert la méditation, ce n’est pas tant que ce soit agréable ou relaxant ( je trouvais ça plutôt difficile ou ennuyeux !). Non, ce qui m’a vraiment surprise, c’est que très vite j’ai réalisé que quand je méditais j’avais plus de temps et plus d’espace…

Une journée plus longue

Quel étrange phénomène ! Je perdais du temps à méditer, c’est-à-dire que je prenais un temps pour ne rien faire ; un temps inutile, sans objectif, sans action, sans mouvement, sans projet… Et ensuite c’était comme si la journée était plus longue, plus spacieuse, plus aérée, plus souple, moins tendue. Comme si le temps devenait plus élastique, moins contraint, moins chronométré…

Longtemps je me suis demandé comment une telle chose était possible : je prenais du temps pour rien, je m’offrais « du rien ». Et en retour j’avais plus de temps.

N’est-ce pas magique  ?

Quel est ce temps inutile qui vous offre du temps ? C’est mystérieux, complètement magique et assez incompréhensible. Du moins incompréhensible de manière logique.

Quand j’en parlais avec des amis ils me disaient : « Peut-être que la méditation te permet de mieux t’organiser et donc de gagner du temps ? »

Mais organisée, je l’étais déjà. Très organisée même. Et pourtant je courrais sans arrêt après le temps. Chaque jour j’avais l’impression que jamais je n’arriverais à faire tout ce que j’avais à faire.

Alors mes amis me disaient : « Peut-être que grâce à la méditation tu sais mieux hiérarchiser, mieux prioriser ? »

Oui mais avant je savais très bien hiérarchiser aussi. Je faisais des TO DO LIST impeccables depuis l’âge de 20 ans, classées par ordre d’importance ou d’urgence…

« Alors peut-être que la méditation te permet d’aller plus vite ? »

Mais j’allais déjà très vite, très très vite. Je trouvais au contraire que la méditation m’apprenait à aller plus lentement !

Comment comprendre ?

Alors quelle est cette magie qui en vous faisant aller plus lentement vous permet d’avoir plus de temps ??? Longtemps j’ai cherché à comprendre ce qui se passait.

Et puis au bout de quelques années, j’ai entendu les enseignements de Fabrice Midal sur la bienveillance et j’ai compris quelque chose :

La méditation ne m’offrait pas du plus : plus organisée, plus précise, plus rapide, plus performante même si tout cela est un peu vrai mais ce n’était pas le cœur de ce qui m’était offert … La méditation ne m’offrait pas du plus, elle m’offrait du moins : j’apprenais à être moins dure avec moi !

Et ça m’a bouleversée. Apprendre à être moins dure, moins brutale, moins injuste, moins faussement exigeante, moins parfaite…

S’offrir du temps et de l’espace

Je médite, je me pose en silence sans rien faire et tout s’assouplit. Je suis moins dure. Moins cassante. Moins impitoyable. Je m’offre du temps, de l’espace, et mon corps se détend. Ma peau se détend. Mon esprit prend sa place au lieu d’être absolument emprisonné dans les projets ou les objectifs.

Mon souffle s’amplifie, la barrière entre intérieur et extérieur s’estompe. Alors je fais davantage attention au monde. Je me rappelle que je fais partie du monde au lieu de me croire coupée, au lieu de me sentir agressée, menacée. Au lieu de croire que je dois me battre, contre moi et contre le monde.

Est-il possible d’avoir le droit d’être ?

Je consacre du temps à rien et en retour je reçois une forme d’accueil vaste et tendre : je sens que j’ai le droit d’être, juste être. Et ça c’est complètement magique. Quand on sent que l’on a le droit d’être, on retrouve du temps pour accomplir les choses avec justesse, on retrouve de l’espace pour prendre sa place avec justesse.

La magie de la méditation c’est vraiment de nous permettre de cesser d’être si dure avec nous-même, si cruelle. C’est redevenir sa propre mère, son propre père, sa propre amie. Avant de connaître la méditation, je n’avais aucune idée que cela soit possible. Je cherchais ailleurs qu’en moi-même le salut, l’amour, l’amitié, le temps, l’espace.

Remettre les compteurs à zéro

Dès que l’on assoit pour méditer on retrouve du temps, on remet les compteurs à zéro, on reprend tout à zéro, tout à neuf et cette possibilité inépuisable a des conséquences proprement magiques sur notre vie.

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